Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 01:51

- j'crois qu'il a senti la s'cousse, me dit JM alors que regardons roucmoule essayer de gagner péniblement la sortie du pub. Nous voici attablé au comptoir de chez Moloney, rory pour les intimes. On vient de perdre Roucmoule, Il avait attaqué à cinq heure du soir et la 14 ème pinte de guiness avait été de trop. Il s'en fut donc la tête haute, sans rien laissé paraître, touché mais pas terrassé. On appelle cela l'expèrience, d'aucuns diraient la classe. Alors que d'autre aurait profité de ce moment pour s'endormir en cachette dans les toilettes ou pisser contre le bar, le vieil irlandais choisi de partir dignement, de sacrifier une dernière pinte pour conserver sa fierté. Mais déjà le fuyard à été oubliè et la dure loi du pub reprend ses droits. C'est ma tournée, je sors de ma poche un billet de 20 euros si durement gagné à rien foutre et règle les trois guiness et ma heineken. Les conversations vont bon train, à ma gauche un vieux philosophe, tros gros pour son pantalon qui nous laisse entrevoir une superbe position plombier, nous raconte pour la troisième fois de la soirée son voyage en france de 1974. Son histoire est passionante, mais le suspense insoutenable. Va t-il réussir à trouver une guiness dans ce nomansland terrifiant que sont les Ardennes? Nous n'entendrons pas la fin. Il soulève allègrement son quintal et demi, et d'une démarche aèrienne et pleine de grâce s'en va rejoindre l'urinoir pour la 7ème vidange de la soirée. Personne ne l'attendra, on connaît déjà la suite de son histoire, j'vous la dirai pas vous aviez qu'à être là. On a changé d' histoire mais l'héroine en est toujours la même, cette bonne vieille bière noir, imbuvable à mon goût mais visiblement pas à celui de mes acolytes à en croire le nombre impressionant de cadavres s'entassant sur le comptoir. Tom nous met alors en garde contre les dangers de la stout, et d' une voie alarmiste tient à nous avertir que la guiness fait pété. Nous sommes prévenus et nous ne tarderont pas à rencontrer l'une de ses première victime: pas même la fumée d'une cigarette allumée illégalement ne réussira à masquer l'odeur tenace de l'or noir. Et, alors que francais et irlandais, découvrant que le mot explosion existe dans les deux langues, se mettent à rire bruyemment en se tapant sur l'épaule, nous voyons s'éclipser tête baissé un petit bonhomme grisonnant. Le coupable est démasqué. Les tournées s'enchainent et désormais le gros à la raie des fesses est devenu mon meilleur ami d'enfance. Il a vécu deux ans à new york et sa femme la quitté pour un dentiste. J'en ai strictement rien à foutre, pis j'aime pas les dentistes. A la demande générale je troque ma pinte d'heineken pour une guiness, c'est toujours aussi ignoble, mais, pour ne pas perdre la face je la descend cul sec ce qui m'attire de nombreux grognemments d'approbation. Le gros est content, il me tape dans le dos et manque de me péter un bras. Soudain je m'inquiète, il n'y a aucune fille dans le bar, ou alors si, pas sûr mais y'a un truc qui y ressemble, en très moche, je me fait la promesse qu'une fois bourré je ne l'approcherai pas, sachant pertinemment que je faillirai à ma mission. Les gorgées se font de plus en plus difficile à avaler, pourtant il faut s'y atteler sous peine d'être la cible des quolibets de l'assemblée. Ca y'est j'crois qu'on les à perdus, en effet laurent et JM oubliant qu'ils ont fait le voyage ensemble et qu'ils parlent tous deux la langue de molière, se lancent dans une conversation en anglais qui n'aboutira pas. Plus tard ils se rendront compte de leur erreur. Beaucoup trop tard, en effet laurent, se souvenant d'un voyage d'étude en angleterre trente ans plus tôt, est persuadé de maîtriser totalement la langue de Shakespeare. Il hurle maintenant des histoires que lui seul semble comprendre. De mon côté, je reste bien plus digne et stoique. Je ne hausse la voie que très rarement et tape très peu du point sur le bar. Je m'absente désormais de plus en plus souvent pour visiter les toilettes où j'essaie de viser les petites pastilles bleues qui jonchent le fond de la cuvette et j'arrive presque à entendre mes chaussures dirent " encore raté!". Le monstre au fond du bar a presque pris figure humaine, mais sentant le danger je ne m'aventure pas encore à lui sourire. En fond sonore Shane Mac gowan fait réver les communiantes, et me donne des envies de dream the dream by the old canal and kiss my girl by the factory wall. ( à voir abolument http://www.youtube.com/watch?v=kVUZuVZWHkk ). Le barman à les même goût que moi et est aussi fan de shane, jl'avais su tout de suite à ses dents pourris. Nous discutons quelques instants de notre idole et de sa faculté à dégueler sur scène en plein milieu d'une chanson, et nous regrettons de n'avoir pas, comme lui, commencé à boire à quatre ans.
Il se fait désormais tard sur scarriff et je décide d'arrèter d'être amoureux, j' esquisse donc un sourire en direction du monstre, et bafouille quelques mots. Elle se barre, dommage elle commencait à être jolie. Ca y'est la situation est critique il n'y a plus qu'une dizaine de poilus cinquantenaire dans le bar. Je me demande alors se que je fouts là. Les traits sont tirés et les visages fatigués. JM ressasse qu'il veut serrer la main d'O'Connell, alors avec Tom oubliant que nous ne connaissons pas ce dernier, nous plannifions un rendez-vous. Il se fait désormais tard et je me souviens terrifié que je dois jouer au rugby le lendemain. Le gros ne veut pas me laisser partir et je sens toute la tristesse du monde dans ses yeux. Le barman décide de nous offrir un whisky en guise de partante. Je refuse. Mais non j'déconne. Ce brulôt avidement ingurgité, nous sortons non sans avoir renversé quelques sièges sur notre passage. Dehors le vent m'apporte des odeurs de frites, j'ai faim, j'ai froid et alexandra ne m'aime toujours pas.  
La nuit est plus noir que jamais sur scarriff et les rues ont été desertés il y bien lontemps. C'est triste comme un dimanche. Ca tombe bien on est dimanche. Et seuls les paumés les touristes ou les dépressifs sortent ce jour là. Ce soir je suis un peu des trois, J'en profite car dans deux jours je l' aurai oublié et mon coeur sera redevenu hermétique à l'amour. Avant de m'engouffrer dans le taxi, je jette un dernier regard sur les pubs de ce village qui m'est si cher et je crois pouvoir me souvenir m'être endormi à chacun de leurs comptoir. Le taxi disparaît dans le brouillard Irlandais, et les ronflement de laurent couvrent le bruit du moteur. Demain j'aurais mal au crâne et je regretterai cette soirée, mais  ce soir en m'endormant j' aurai des souvenirs et des histoires plein la tête, et peut-être repenserai-je à cette fille assis au coin du bar et désormais si jolie.


 

photos 1,2 et 3: pubs de scarriff ( la liste exhaustive paraîtra dans quelques jours).

Par pierrot
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Commentaires

j ai beau savoir que t es un poete, tu m etonneras toujours si tu trouves pas de boulot, et que t arrives pas a te faire payer pour tes services charnels, tu peux toujours ecrire... qui sait, c est peut etre sa ta voie... xx sophie
Commentaire n°1 posté par sophie le 18/11/2008 à 18h21
Hola: Acabo de ver tu blog. Espero que visites mis blogs, son fotos de mi pueblo, de España y de Italia y Francia: http://blog.iespana.es/jfmmzorita http://blog.iespana.es/jfmm1 http://blog.iespana.es/jfmarcelo donde encontrarás los enlaces de todos los blogs. UN SALUDO DESDE ESPAÑA.
Commentaire n°2 posté par jfmarcelo le 18/11/2008 à 19h22
Et ben c'est du propre... Mais il se dégage de chez Johnny's une ambiance assez mystique. Je me souviens avoir disserté rock and roll avec Poupousse, l'an dernier un grand moment. Par contre t'as le droit de finir l'histoire du plombier new yorkais. Tu as omis de dire que ses amis étaient porto-ricains.
Commentaire n°3 posté par Alexandre Martinez-Llorca le 18/11/2008 à 22h50
Quand à l'expression "sentir la secousse" il eut été de bon ton de la replacer dans son contexte. Tu peux demander à mon père la contexte de base...
Commentaire n°4 posté par Alexandre Martinez-Llorca le 18/11/2008 à 22h52

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