Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /Nov /2008 23:41

Après cet intermède pathétique du con qui dit aux autres comment il faut penser faut que j'vous raconte une histoire. Au fait le grand je t'emmerde et je ne regrette en aucun cas. Peut-être l'as tu eu mauvaise en te reconnaissant dans les traits de l'étudiant moutonnesque avide d'une situation sécurisé, et d'un métro-boulot-dodo au plus vite. Mais merci car la critique est mille fois plus valorisante que l'indifférence et je n'en espérais pas moins de ta part vu que le grand critique. Il mange il dort et il critique, c'est tout, c' est un gain d'temps*. Par contre les autres c'est pas mieux, qu'on on lit un texte aussi démagogue où l'on nous dit que la guerre, c'est pas bien, que les méchants sont pas gentils et qu'il faut aimer son prochain, on se doit de réagir et d'insulter copieusement son auteur. A part ça, à force de critiquer les neuf lecteurs qu'il me reste j'pense que dans trois jours y'aura plus personne.

 

*à l'heure où j'écrivais ces lignes, le grand n'était pas encore devenue une légende dindonesque terroriseur d'enfant, ça vaudrait un article je pense j'y réfléchirai. En tout cas qu'il en soit remercié et béni à tout jamais. 

 

 

Hier c'était la grande classe: j'étais invité au resto. Pas genre le resto irlandais qui pue le gras avec fish n chips et autre burger immangeable, non un vrai resto avec des vrais serveurs qui vous remplissent votre verre, un endroit où tu peux pas rôter bruyamment en attendant tes frites et où la bouffe est bonne. On dit que la bouffe est bonne c'est quand y' a quasiment rien dans l'assiette et que c'est bien présenter et que ya des haricots à la place des frites et pis que l'eau elle pas du robinet. Perso je préfère les frites et quand y' en a beaucoup c'est encore mieux. On a même bu des grands vins et même que j' me suis fait engueuler parce que j' voulais un blanc pomme avec une paille. En oenologie et comme dans beaucoup d'autres domaines je suis une merde,

 

      Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse,

       et que se mouvent dans le bar

        de jolies paires de fesses;

 

Enfin vu que c'était du bon j'me suis pas fait prier, et une fois la machine amorcée, je suis inarretable, une vrai bête. Pour ne rien arranger, les serveuses avaient dû être recrutées au physique, elles donnaient pas envie de rentrer tout seul à la maison. C'était décidé, ce soir je sortirai.

Raz l'bol de limerick, j'ai pas oublié d'où j'venait, alors direction Scarriff, et chez Mac. J'vous explique le topo, MacNamara est une légende dans le coin depuis qu'il a conduit l'équipe de Hurling de son comté à la victoire dans le championnat Irlandais, et ceci par deux fois. Son pub, assez traditionnel durant la semaine, se transforme le weekend en discothèque de fortune, attirant tous ce qui est jeune, porte une jupe trop courte et habite dans un rayon de 15 kilomètres. Vu que je suis malin comme un singe, et surtout un peu fauché en ce moment, j'arrive en avance dans le pub afin de ne pas payer les 8 euros d'entrée. Non j'suis pas radin mais 8 € c'est quand même deux pintes alors ferme. Donc je reprends, j'arrive en avance dans le pub, et là je me rends compte de ma grossière erreur. Tout les fléaux sont là, JM bien sûr, qui m'a devancé avec Laurent, pour ninfo j'était avec eux au resto, mais il ya aussi d'autres vieux briscards, les Neilles, Noel et autres Keamon. Il est trop tard pour faire machine arrière, j'espère juste pouvoir survivre jusqu' à ce que la disco se mette en marche. Déjà on me tape dans le dos, et des pintes d'heineken se jettent dans mes bras, j'essaie de refuser mais j'ai peur de les vexer. J'en profite pour parler à des gens en attendant un éventuel "oh, you're quite fluent in english now", qui ne viendra jamais. Il est 10h et les discussions ont encore une queue et une tête. En parlant de queue ( trés classe), des filles commencent à arriver, le tissu a l'air de coûter la peau du cul en Irlande ou encore comme le dit si bien JM "elles débâchent tôt". Alors que la musique commence à retentir dans la pièce voisine, j'arrive toujours à faire bonne figure, Laurent est chasseur, mais il est quand même gentil, et très cultivé de surcroît. Nous parlons de Vincenot et de La billebaude,qui fut aussi son livre de chevet, et qui me fit à une pèriode de ma vie, aimer ma Bourgogne et son héritage. Je regrette alors un peu de ne jamais avoir fini Le pape des escargots. La bière et l'amitié faisant leur travail,  je décide alors de faire partager à Laurent les joies de cette discothèque de campagne, et l'emmène dans salle d'à côté. Ce fut pour lui le dépaysement totale, alors qu'en France la bienséance veut que l'on reste digne dans la cuite, le jeune Irlandais lui n'en a cure et se met minable sous l'oeil cerné et complice de ses parents. On appèle cela le "binch drinking". Etant tous deux très ouvert d'esprit, nous décidons de nous fondre complètement dans la culture locale, et d'adopter, pour un soir au moins, les us et coutumes des autochtones. Darren, un jeune indigène, nous alpague dans son parler, et nous comprenons vite qu'il veut que partagions avec lui un Jameson and coke, l'ayant vu le boire cul sec et ne voulant en aucun cas froisser les locaux nous l'imitons. Puis nous l'imitons encore une fois et encore une fois, aussi pour être sûr qu'il ait compris que nous venions en paix on se dit qu'il serait de bon ton de renouveler l'expérience une quatrième fois, ce que nous fîmes. Bien que mes acolytes ne semblent pas avoir été touché outre mesure par cette auto-sanction, je vois désormais se profiler mon premier moment de faiblesse de la soirée, et après avoir bafouillé une envie pressante, me précipite aux toilettes renvoyer ce précieux liquide. Je prétexterai ensuite une histoire un peu vague de viande avariée au restaurant et de coup de froid qui ne convaincra personne. Enfin bref, c' était désormais très chaud dans la boite et il s'en phallus de peu que je n'enlevasse ma chemise et ne dansasse sur les genoux. Curieusement je ne drague pas tout ce qui bouge, mais, l'épisode des toilettes m'ayant redonné une seconde jeunesse, me prends à philosopher avec Laurent en citant pour exemple Rousseau et sa célèbre phrase " femme qui pète n'est pas morte". C'est alors que l'inimaginable va se produire. Je pensait vraiment les avoir toutes faites en soirée mais celle là c'est une première, un moment à marquer d'une pierre blanche dans ma  longue carrière de fêtard. Comme je l'ai déjà dit j'en avait fait des vertes et des pas mûrs sous l'emprise de lalcool, j'avais chanté pour des chinois, tué une douzaines d'hérissons, adopté des herissons, prété ma tente à un clochard et à son chien, montré mes testicules à mon proviseur, montré 1250 fois mon cul, fait caca dans des arrêts de bus, fait caca sur des gens, provoqué un nombre uncalculable de bagarres, m'être sauvé à chaque fois de ces même bagarres ( le couard), fait le dindon un nombre uncommensurable de fois, fait une fois le perroquet à l'aide d'une grande plume, fais une centaine de concours de grosses, et  je vous laisse vous souvenir de la suite car j'ai oublié beaucoup de choses. Enfin bref j'avais encore jamais fait ça. J'vous raconte. C'était bientôt deux heures et le vieux Mac virait à grand coup de pieds au cul les dernières arsouilles qui campaient sur les banquettes. Bénéficiant désormais d'un traitement de faveur pour services rendus à la nation, j'avais le droit de rester après le couvre feu. Je m'installai donc au comptoir et ayant été délaissé par JM et Laurent pour cause de rentrage en France le lendemain à 7h, entammai une discussion lourde de conséquences avec Kenneth sur le thème majeur de " T' façon c'est toutes les mêmes, c'est toutes des salopes, elles nous méritent pas, paye moi un coup" ( oui l'homme est poète en soirée). Kenneth Mac c'est le fils du patron, enfin un des enfants du patron, parce que il doit y avoir un truc en Irlande qui fait que, si t'as moins de cinq enfants, eh ben t'as un gage, genre c'est toi qui dois faire la vaisselle dans les mariages ou les réunions de famille. Enfin bref, Kenneth est considéré comme le bad boy du village depuis qu'il a traversé la rue principale de Scarriff sans r'garder. Aujourd'hui lui aussi est un peu au fond du gouffre à cause de cette satanée gente féminine. Il est plus vodka red bull que whisky coca, alors vu que j' retourne facilement ma veste, moi aussi. Les femmes étant trés balèzes lorsqu'il s'agit de briser des coeurs, mais d'une faiblessse pathétique quand il faut faire trainer une soirée jusqu'à l'aube, nous nous retrouvons "entre couilles", pour utiliser la si usité mais non moins vulgaire expression. Et c'est à ce moment que le cours de la soirée va basculer. En effet, tout occupé à siroter notre poison, nous n'avions pas remarqué la belle. Elle choisi alors de faire son apparition, et telle une déesse, elle sort des chiottes tout en essuyant les morceaux de vomi qui s'amoncèlent autour de sa bouche. Cette grosse conne s'installe à côté de nous, je la reconnais, Il s'agit de Barbara, Les anciens racontent qu'autrefois je visitais sa soeur, mais c'est une autre histoire.Toujours est-il que Barbara a bien changé: oublié cette mauvaise peau et cette dentition improbable. Elle est maintenant belle comme un coeur, aussi grande, blonde et fine qu'une cigarette 100 S. Dans sa robe de soirée elle serait presque classe, dommage que ce regard bovin ne trahisse une absence flagrante d'intelligence. Ce n'est plus la Barbara d'il y a trois ans, ce tromblon boutonneux et trop blanc que le Grand vainement ramenait. Je me souvient encore de ses paroles quand, me reveillant à côté de son ignoble soeur un dimanche matin, je le croisai, haletant dans la cuisine et qu'il me dit d'une voie déchirante et déchirée,  "J'lui ai presque touché la culotte". Elle avait déjà à l'époque cette fâcheuse tendance à boucher les éviers de par des renvois intempestifs. Enfin bon on est à Scarriff, on va pas faire les difficiles, hein qu'est ce t'en penses? Alors comme je disais, elle s'assoit entre nous deux, et avec Kenny nous décidons de mettre fin à notre brève amitié, ce sera désormais chacun pour sa peau. D'autant que la concurrence est rude, déjà un gros chevelu à lunettes viens prendre place à nos côtés, ça y'est, la bête est cernée. J'ai à mon crédit une irrésistible beautée et un sens de l'humour décapant ( c'est mon histoire j'dis s'que je veux), par contre je suis trop bourré pour pouvoir ouvrir les yeux ou prononcer une phrase interressante ou simplement compréhensible. De leur côté il sont tous les deux propriètaires d'un pub dans le village, avantage unsurmontable, et connaissent déjà le gibier (pour ceux qui trouvent que sa commence à ressembler à du Bigart je m'en excuse, j'éssaie juste de reproduire l'univers du mec bourré en soirée, et j'ai jamais dit que j'faisait dans la finesse). Pour prendre l'ascendant psychologique, je me permet de lancer plusieurs "I want to fuck you" très Gainsbarriens. Je crois que je suis en train de la perdre, ou alors elle feint l'indifférence. Tout à coup, le gros a une idée de génie, étant le fils du patron du pub d'en face et en ayant donc les clefs en poche il nous propose d'y finir la soirée. Nous acceptons et quittons ce lieu trop mal fréquenté.

 Nous voici au comptoir de chez Ryans, le gros est derrière le bar. On bon gros chevelu à lunettes qui veut tirer son coup, il prépare des coktails "pièges" à la donzelle, c'est tout à son honneur. Kenny est plus poète il essait de titiller les seins de l'abruti, car cette salope a profiter d'un passage éclair aux toilettes pour retirer son soutien gorge et le foutre dans son sac.

 Malgrès son sein placide, elle a maintenant le téton aguicheur et plus pointu que le nez du serbe, qui, pour ceux qui ne le connaissent pas, a un nez je dois dire fort pointu, et fort long de surcroît. Moi je ne dis plus rien et je suis presque aussi saoûl que moi ( jacques Brel, oui je sais merci). Le gros chevelu, qui soit dit en passant serait magnifique avec un collier de fleur autour du nombril et chantant papayou papayou, et ben ce con à réussi un doublé: en plus de bourrer la gueule à Barbara' (qui vient de prendre sa deuxième cuite de la soirée, respect), il a réussi à éliminer un adversaire. En effet je lutte désormais pour rester éveillé tout en éssayant de faire les yeux doux à la belle, c'est pathétique. C'est à ce moment que l'innarivable arriva. Mais je dois auparavant m'insurger contre la hauteur des tabourets qui se dressent aux côtés des comptoirs Irlandais. Est-ce leur catholicisme aigue qui les pousse à vouloir se rapprocher du ciel toujours un peu plus? toujours est-il que ces sièges sont beaucoup trop haut, et quelle ne fut pas ma douleur quand après m'être lamentablement endormie sur l'un d'eux je chutais bruyamment du sommet de mon perchoir et ne me réveillais qu'une fois à terre, honteux, souffrant et confus. La sanction fut immédiate, me jugeant hors concours Kenny me ramena dans son pub et me borda dans ses appartements. Je ne devais m'y réveillé que le matin suivant à 2h, appelé aussi le lendemain après midi. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant ce lieu hostile et effrayant. J'vous explique: le vieux Mac dont nous avons préalablement parlé, bien que légende de son état n'en reste pas moins un viel ours mal léché, aussi accueillant qu'un coup de poing dans la gueule et aimable comme une porte de prison. Pour ceux qui, contrairement au rouge ou à Bernard Lavilliers, ne sont jamais allé en prison, sa veut dire pas très très aimable. Donc en ce beau matin de Novembre je n' ai aucune envie de tombé sur cette brute épaisse, cet égorgeur d'enfant ( j'en fait trop), qui, qui plus est, ne sait absolument pas que j'ai passé la nuit en sa demeure. M' enfuyant de l'antre de l'ôgre un peu, voir beaucoup, comme un voleur, je me précipitais à ma voiture sous l'oeil terrifié de terreur des passants médusés, qui jamais au grand jamais n'avait vu de gueule de lendemain de cuite de cette envergure. Et pourtant je tiens à insister sur le fait que l'irlandais est moche, voir très moche. Une fois que j'eus frayé mon chemin entre les crachats et coups de fourche du peuple irlandais, je m'apprétai à ouvrir ma fiesta quand je remarquai cette platitude pneunesque, j'avais crevé! Je faillis hurler de joie, c'était la première fois que cela m'arrivé, j'allai peut-être enfin savoir changer une roue et, par la même occasion, devenir un homme. 

Une demi heure plus tard, je n'avais toujours pas trouvé le kric, et commencais à douter de la présence d'une roue de secours. Quelques coups de fil à agnes me renseignèrent sur son existance (la roue pas agnes faut suivre). Par avis de conscience, je préférai arréter une vieille dame sur ce maudit parking, et en trois tours de main elle remplaça ce pneu rebel, et m'humilia pour le restant de mes jours. Par contre je n' ai jamais su qui avait ramené Barbara, ce soir là, si vous avez des infos je suis preneur.

 

Par pierrot
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